Chasse à courre
«Donnez-moi la règle et je gagne», s’enorgueillit Frédéric Marquez devenu chasseur de têtes après trois années passées en banque d’affaires et un MBA à Columbia. Honteux de la piètre carrière de son père chauffeur de taxi et de sa mère prof d’espagnol, il ne rêve que de pouvoir. Une ambition qui le mènera à tout balayer sur son passage, quitte à briser tout et tout le monde. La chasse de têtes était faite pour lui, pas de doute. Il enchaîne les missions, avec succès. Jusqu’au jour où l’un de ses «chosen» se tue. Accident ou suicide ?
Dans ce roman, Clémence Boulouque photographie le milieu très secret de la chasse. Un monde rempli de cynisme. Mais ce cynisme ne serait-il pas une façade qui masquerait un mal-être ? Pas facile d’être un négrier dont seuls comptent les résultats. Pas facile de jouer en permanence un double jeu. D’entretenir de bonnes relations avec des types qu’on méprise pour éviter qu’une mission ne vous échappe. De cacher son véritable métier dans les dîners. D’être craint mais espéré à la fois. Malgré l’image négative qui leur colle souvent à la peau, le message de ce livre est sans doute que oui, les chasseurs de têtes sont aussi et avant tout des humains. Bon d'accord sauf ceux du type Frédéric Marquez, le narrateur, dont le seul but est de : «Parier sur les plus brillants et se sentir l’un d’eux.» Mais sont-ils si nombreux ?
Clémence Boulouque, Chasse à courre, Gallimard, 2005.
Dans ce roman, Clémence Boulouque photographie le milieu très secret de la chasse. Un monde rempli de cynisme. Mais ce cynisme ne serait-il pas une façade qui masquerait un mal-être ? Pas facile d’être un négrier dont seuls comptent les résultats. Pas facile de jouer en permanence un double jeu. D’entretenir de bonnes relations avec des types qu’on méprise pour éviter qu’une mission ne vous échappe. De cacher son véritable métier dans les dîners. D’être craint mais espéré à la fois. Malgré l’image négative qui leur colle souvent à la peau, le message de ce livre est sans doute que oui, les chasseurs de têtes sont aussi et avant tout des humains. Bon d'accord sauf ceux du type Frédéric Marquez, le narrateur, dont le seul but est de : «Parier sur les plus brillants et se sentir l’un d’eux.» Mais sont-ils si nombreux ?
Clémence Boulouque, Chasse à courre, Gallimard, 2005.

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